L’Éolien offshore, ou « en pleine mer », est une méthode qui se développe activement depuis une décennie. Pourquoi installer des éoliennes au large des côtes alors qu’on peut le faire sur terre ? Quelques explications afin de mieux comprendre l’engouement pour.

Production d’énergie sans limite

En 2001, le Danemark innovait en construisant le plus grand parc éolien offshore du monde. Disposé en arc de cercle, pas moins de vingt éoliennes conçues pour résister à la corrosion, distantes de 180 mètres les unes des autres et d’une puissance de 2 MW.

Aujourd’hui, des turbines de 5 MW sont installées dans le parc de Thorntonbank en Belgique tandis que Clipper Windpower a développé un prototype pour le Royaume-Uni d’une puissance unitaire de 7,5 MW. La progression des technologies va bon train et des éoliennes de 10 MW de puissance devraient voir le jour très prochainement.

Alors pourquoi investir dans la production d’énergie au-delà des côtes ? Pour répondre, il faut revenir sur les difficultés rencontrées avec l’éolien. Dotée d’un qui nous est familier depuis toujours et qui utilise la force du vent pour faire tourner des pâles, l’éolienne utilise le système basique du moulin à vent. La nouveauté vient de l’exploitation de l’énergie produite. Autrefois, la puissance développée était immédiatement utilisée, pour moudre le blé par exemple. Aujourd’hui, elle est convertie en énergie électrique puis transportée vers le réseau.

Or il existe deux freins majeurs à l’utilisation de cette technologie : la présence du vent et l’espace nécessaire. En effet, pour un rendement utile, il faut implanter les éoliennes de manière à avoir une bonne exposition au vent, c’est à dire dans les plaines où aucun obstacle n’offre de résistance. Il faut aussi un grand nombre d’éoliennes pour rentabiliser l’installation. Et, bien sûr, des espaces comme ceux-là sont difficiles à trouver. La mer est ainsi une alternative convaincante : le « terrain de jeu » est très vaste et le vent souffle librement.

Les rendements des fermes éoliennes offshore sont plus élevés que sur terre. Pour autant, tout n’est pas encore optimal en mer.

Du offshore au farshore : rupture technologique

L’installation d’une éolienne sur terre ou en mer ont des coûts très différents. À l’heure actuelle, il est 30 à 50% plus élevé en offshore qu’en terrestre. Une dépense supplémentaire non négligeable lorsqu’on installe plusieurs dizaines d’éoliennes en même temps.

De plus, une fois implantée en mer et opérationnelle, une ferme nécessite une maintenance régulière. Une flotte est indispensable aux différentes opérations, et les réalise moins vite que sur terre, ce qui représente un nouveau poste important de dépense. Et lorsqu’une panne intervient, il peut s’écouler plusieurs jours sans rendement avant que la remise en fonctionnement ne soit effectuée.

Heureusement, la technologie progresse et de nouvelles méthodes sont à l’étude. La rupture technologique est attendue du côté de l’éolien « farshore ». Pour faire baisser le coût d’installation et se libérer des contraintes de profondeur des fonds marins – actuellement, on ne peut installer de parc offshore au-delà de 40 mètres de profondeur – plusieurs entreprises travaillent à produire des éoliennes flottantes, uniquement maintenues par un câble. L’installation de ce type de technologie est grandement simplifiée et les besoins en matériaux diminués par rapport au offshore traditionnel.