Les smart buildings – ou bâtiments intelligents – ont commencé à sortir de terre au début des années 2010. Leurs fondements reposent à la fois sur les besoins des utilisateurs, comblés par des nouvelles technologies toujours plus performantes, et sur les obligations légales en terme écologique. Outre la sécurité, les économies d’énergie demeurent ainsi le cœur de l’innovation. Celle-ci doit se mettre entièrement au service des smart buildings et de l’utilisateur, qui devient acteur et responsable de sa consommation et de son impact. 

Une évolution qui s’inscrit dans la transition énergétique

La baisse de la consommation énergétique est devenue une priorité en France depuis une dizaine d’années. Si bien que les lois successives – lois Grenelle 1 et 2, Réglementation Technique 2012 (RT 2012) –  visent toutes à limiter la consommation d’énergie dès la construction des bâtiments. Des dispositions auxquelles s’ajoute la Loi Relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV). Soit un ensemble de règles auxquelles les acteurs du secteur tertiaire et industriel répondent par des innovations technologiques qui rendent leurs bâtiments moins gourmands en énergie car intelligents et connectés. Désormais, il ne s’agit plus de penser en terme de gestion technique des bâtiments (GTB) mais directement en terme de smart building. Pivot de l’organisation des entreprises en pleine mutation technologique, le bâtiment, par sa construction et ses améliorations constantes, devient un smart building. Il est alors capable d’anticiper les automatismes et de mettre fin au gaspillage de l’énergie.

L’humain, acteur majeur du smart building

Parce que l’environnement de travail est un gage de motivation des collaborateurs, les ressources humaines sont au cœur des smart buildings. Un environnement confortable qui anticipe les besoins engendre efficacité et productivité pour l’entreprise.

Pour cette raison, le smart building a pour objectif d’allier le confort des utilisateurs et la performance énergétique. Cela passe notamment par une domotique automatisée : la lumière s’enclenche si besoin dès qu’une personne entre dans la pièce, se module toute seule en fonction de la luminosité déjà présente, puis s’éteint à son départ. De la même manière, les stores se baissent et s’ouvrent automatiquement, ou en fonction des besoins de l’utilisateur. Car l’automatisation ne doit pas être synonyme de manque de contrôle.

Au contraire, pour qu’un bâtiment atteigne son objectif de baisse de consommation énergétique, l’utilisateur doit être acteur de sa consommation. Le smart building ne s’impose pas comme une contrainte mais comme une aide précieuse et prédictive : il optimise les services et donc l’énergie.

Des applications à tous les étages

Le principe d’un smart building s’inscrit dans une réalité globale de gestion du bâtiment qui participe à l’ensemble de la vie qui s’y déroule. En premier lieu, le fonctionnement des pièces et des bureaux. Ceux-ci nécessitent comme on l’a vu une luminosité automatisée grâce à des capteurs, mais également une gestion connectée de leur occupation en temps réel, de sorte à avoir facilement accès à une salle de réunion.

Dans le parking, le smart building offre autant en terme d’automatisation et d’efficacité. Pour la sécurité, l’entrée scanne les voitures. Pour l’énergie, le parking met à la disposition des collaborateurs et des visiteurs des stations de recharge pour les voitures électriques gérées par le smart grid.

Le smart grid est le pilier central du smart building dans sa consommation électrique. Réseau de distribution intelligent pour tout le bâtiment, il est une zone de pilotage qui reçoit et donne des informations sur l’ensemble de la chaîne de production et de consommation.

Une maintenance prédictive

Ainsi, grâce à une maintenance prédictive, basée sur le big data – les données sont collectées et analysées en continu – la distribution d’électricité est anticipée. La gestion de l’équilibre du système électrique est dorénavant dictée par la demande et la consommation, et non plus par la production et l’offre.

Prenons l’exemple d’un bâtiment de Siemens où une pompe consomme 8600 kWh par an. En optimisant son utilisation, grâce aux moments où elle n’a pas besoin de fonctionner, le smart grid a calculé un total de 25% de temps d’arrêt, soit 2150 kWh d’économie par an. Mais le smart building ne s’arrête pas à la consommation électrique, il gère la totalité des dépenses énergétiques, du chauffage – en anticipant la température – à la consommation d’eau en général, jusqu’au calcul des émissions polluantes pour les limiter.

Innovations et perspectives infinies, l’exemple des tours d’Abu Dhabi

Nous vous parlions, des smart palm pour recharger les portables sur les plages de Dubai. Aujourd’hui, nous partons à Abu Dhabi. Aux Émirats arabes unis, là où la température peut rapidement monter à plus de 40°C,  il est impossible de travailler sans climatisation. Mais l’exemple des deux impressionnantes tours Al Bahar offre de nombreuses perspectives pour limiter la consommation des climatiseurs tout en profitant de l’énergie émise par les rayons du soleil.

Le smart building est construit de telle sorte que la façade donne une impression de nids d’abeille à la place des fenêtres. Il s’agit en fait de panneaux solaires amovibles et connectés qui forment une véritable mosaïque en perpétuel mouvement.  Ils se ferment et s’ouvrent automatiquement en fonction de l’ensoleillement ou des besoins des utilisateurs, réduisant l’impact énergique de 50 %. Des panneaux solaires recouvrent également le toit des deux tours. Cette prouesse technologique et architecturale a été saluée par de multiples récompenses.