Nous étions en 2015 lorsque j’ai été élue pour la première fois conseillère régionale déléguée à l’énergie. A l’époque, le débat sur la transition énergétique battait son plein : il n’a pas fallu de sang, mais beaucoup de sueur et quelques larmes pour rassembler les citoyens autour d’un projet de « remix » énergétique. Revenons ensemble sur 50 ans d’histoire des révolutions énergétiques dans un territoire français : notre belle région du PCLA (Poitou-Charentes-Limousin-Aquitaine). 

2015- 2035 : débats énergétiques

Comment réduire la consommation d’énergies fossiles pour faire face à la diminution des stocks. Fallait-il opter pour le Wind Water Sun comme le prônaient certains, mettre le paquet sur le nucléaire, conserver le charbon ? Comme l’on s’est arraché les cheveux sur ces questions ! Mais tandis que se confrontaient les passions écologiques et économiques, le combat de ma vie a été celui du consensus. J’ai voulu convaincre mes concitoyens que l’avenir était à un mix énergétique équilibré et à la notion de sobriété. Et pour cela, un mot d’ordre : innover !

Ainsi, ces deux décennies ont d’abord été celles de la diffusion des innovations. Prenant le relais des laboratoires, les pôles de compétitivité ont fait office de « caisse de résonnance industrielle » du photovoltaïque. Peu à peu nous avons vu les toits se recouvrir de panneaux solaires toujours plus fins, performants et élégants. De leur côté, les méthaniseurs poussaient comme des champignons, faisant émerger des filières d’exploitation des déchets agricoles et alimentaires dans les villes et les campagnes. Car qui dit « remix » dit non seulement renouvelable, mais aussi recyclable !

Et la sobriété dans tout cela ? L’une des composantes majeures du mix énergétique du futur était une réduction de la consommation. C’est ainsi que les opérateurs, fournisseurs et consommateurs ont commencé à travailler main dans la main à l’aide du smart metering et des smart grids pour mettre en place une efficacité énergétique active et collaborative. Bien sûr, Poitiers ne s’est pas faite en un jour, l’optimisation énergétique de ses bâtiments non plus. Pourtant, avec force ressources humaines et financières, nous sommes parvenus à transformer notre belle région en territoire à énergie positive.

2036-2065 : du mix au remix

En 2018, mon jeune fils Mathys n’arrivaient pas à imaginer que 20 ans plus tôt le téléphone ne servait qu’à… téléphoner. Aujourd’hui, en 2065, il est tout aussi incompréhensible pour leurs propres enfants que, dans notre jeunesse, les panneaux solaires et les éoliennes étaient encore anecdotiques, l’efficacité énergétique était un combat de tous les jours et les centrales à fusion nucléaire un vague rêve d’avenir.

Elles sont pourtant aujourd’hui en passe de devenir une réalité aussi banale que les lentilles de contact à réalité augmentée ou le satellite photovoltaïque géostationnaire. Ces centrales nouvelle génération n’émettent quasiment aucun déchet et excluent tout risque de réaction. Ainsi, en région PCLA comme ailleurs, nos grandes villes sont aujourd’hui équipées de leurs propres tokamaks qui reproduisent le mécanisme du soleil pour notre consommation personnelle !

Le remix énergétique de ce siècle aura été, mes chers concitoyens, la transition vers des modes de production et de consommation plus durables. Une transition énergétique que l’on doit à ceux qui ont eu le courage d’innover, et ceux qui ont eu le courage d’adopter ces innovations.