Agir ensemble pour être à la hauteur des enjeux climatiques, c’est l’appel qu’a lancé le Giec – le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – en publiant le dimanche 2 novembre à Copenhague sa cinquième évaluation mondiale du réchauffement climatique depuis 1990.

De l’énergie fossile aux énergies vertes

L’objectif que la communauté internationale s’est fixé est ambitieux : maintenir sous le seuil des 2°C la hausse globale des températures pour enrayer la progression et les effets du réchauffement climatique.  Les experts du climat rappellent l’urgence d’opérer une baisse drastique des émissions mondiales de gaz à effet de serre et concluent sur la nécessité de réduire les émissions de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et de 100% en 2100 pour tenir les objectifs.

Ce tournant énergétique capital doit se faire au profit des énergies renouvelables puisqu’il passera par l’abandon progressif des énergies fossiles. Ces dernières, déjà accusées de dégrader la situation climatique, voient aussi leurs ressources disponibles de plus en plus limitées et leurs prix flamber.

« Les solutions sont à portée de main »

Imaginez un monde où il n’y aurait plus aucun rejet polluant dans l’atmosphère. Un doux rêve ?  Pas pour le président du Giec, Rajendra Kumar Pachauri, pour qui « les solutions sont à portée de main ». L’expert est optimiste sur la faisabilité de ce chantier universelle. Et il y a des raisons d’être confiant.

D’une part, la conscience collective a positivement évolué, la question climatique étant « bien d’avantage prise en compte aujourd’hui par le secteur privé, les collectivités locales et la société civile », explique Nicolas Bériot, secrétaire général de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc).

D’autre part, bien que cette transition énergétique majeure est un coût (plusieurs centaines de milliards de dollars seront mobilisés d’ici 2030), Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, affirme que « ne pas agir coûtera plus, beaucoup plus ». Une déclaration qui va dans le sens du rapport du Giec estimant des effets d’amoindrissement de la croissance mondiale limités à seulement 0,06 point.

Un chantier universel

Réussir la transition et faire évoluer les performances énergétiques implique un chantier d’envergure planétaire dont les États devront être les acteurs. La France l’a d’ailleurs bien compris et les ministres ont appelé à une « mobilisation universelles et immédiate ».

Les nations du monde entier se réuniront à Paris en 2015 pour conclure ensemble un accord visant à réduire leurs émissions de CO2. En attendant, la prochaine conférence climat qui aura lieu le mois prochain à Lima, au Pérou, sera un premier pas.

Source : Réchauffement climatique : le GIEC déclenche la sirène (Les Echos)