L’énergie est de plus en plus stratégique, pour les ménages, mais aussi pour les entreprises et particulièrement pour la production de biens de consommation. Initialement considérée comme une charge, sa gestion intelligente lui a conféré le pouvoir d’insuffler l’innovation.

Les entreprises qui manufacturent des biens de grande consommation sont toujours plus inquiètes du poids du coût de l’énergie sur la productivité totale et nombreuses sont celles qui font appel à des experts en efficacité énergétique pour diminuer de 20, 25 ou même 30 % leur facture énergétique.

Après des années à améliorer leur pratique, des manager précurseurs ont désormais suffisamment de recul pour analyser la problématique.

Efficacité énergétique : commencer par le diagnostic

La spécificité du prestataire extérieur, c’est de pouvoir faire un état des lieux et poser le diagnostic initial. De sa qualité, dépendront la capacité à identifier les moyens d’une performance supérieure et les axes d’optimisation en général.

Les industriels ont souvent une vision assez verticale de leurs flux : financiers, matières, produits… Avec l’énergie, on arrive de façon transverse, par « les tuyaux », ce qui apporte une grille de lecture différente. Celle de la performance industrielle au sens large.

Dans ce travail, on retrouve la mesure et les indicateurs qui fixent le cap. Les mesures permettent le suivi en temps réel.

Mais la mesure seule ne suffit pas et le prestataire doit inclure une grande part de formation. Transmettre, évangéliser sur les bons comportements de consommation permet d’apporter à l’ensemble de la chaîne une méthode commune, pour bâtir conjointement les plans d’actions, la stratégie et la validation des résultats.

Smart Industry, l’usine de demain

Pour aller plus loin, il faut souvent viser plus haut. En recherchant toutes les améliorations possibles et les meilleures technologies existantes, on peut fixer un objectif à plus ou moins long terme, cela permet aux différentes usines, non pas de se comparer entre elles, mais à un « idéal ». Une véritable révolution.

A la clé, l’innovation à tous les étages, à tous les postes. L’usine de demain, déjà bien vivante, permet de dégager de la performance, donc de la valeur et de la compétitivité.

Des usines neutres en énergie ?

Si en matière d’habitat on parle souvent de bâtiments neutres ou à énergie positive, quand il s’agit de production les enjeux sont plus complexes.

Pour des usines fonctionnant en 3×8, éolien ou photovoltaïque sont un trop grand challenge. La méthanisation demande de grands volumes et surfaces. Au niveau de technologie actuelle, l’usine qui consommerait uniquement des électrons ou des molécules « vertes » reste encore une utopie.

Il faut néanmoins garder un œil sur la biomasse, qui est une source d’énergie constante, renouvelable -quand bien gérée- et d’un coût intéressant. Il existe également des projets de géothermie viables, en fonction de la localisation de l’usine et de la nature de ses besoins.

Dans ce contexte, certains groupes industriels affichent déjà de grandes ambitions : neutralité en énergie et en carbone à horizon 2040. En poussant au maximum la logique d’efficacité énergétique, ces usines toucheront du doigt cette utopie.

Source : L’usine neutre en énergie est-elle possible? (BFM Business)