La boucle est bouclée. Alors qu’aujourd’hui le nombre d’objets connectés dépasse celui des êtres humains (25 milliards pour 7,2 milliards d’individus) et que la tendance va aux technologies portables (ou dîtes « wearable tech »), des chercheurs de l’université Drexel en collaboration avec la US Naval Académie ont trouvé un moyen de stocker l’énergie et recharger nos capteurs autrement que par des artefacts externes encombrants. La solution : utiliser la fibre de textile comme capacité de stockage.

Le textile auto-suffisant

Tout le monde a été confronté au problème de la recharge des batteries. Et nous le connaîtrons probablement de plus en plus face à l’arrivée de l’Internet des objets. Ou peut-être pas, à en croire les récentes avancées en nanotechnologie.

Ainsi l’année dernière une équipe de chercheurs de l’Université technologique de Nanyang (UTN) de Singapour, l’Université de Tsinghua en Chine et Case Western Reserve University aux USA, avaient réalisé une petite révolution en créant une batterie flexible intégrée dans de la fibre du textile. De structure hybride (graphène et nanotubes de carbone), elle atteignait une densité d’énergie de 6,3 microwatts-heures par millimètre cube. Un problème demeurait toutefois : les matériaux utilisés pouvaient être toxiques. C’est ainsi que l’équipe de Drexel s’est intéressée à d’autres matériaux – à l’image du charbon actif.

Pour garder le maximum de densité de stockage, ils se sont appuyés sur  la technique « NFW » (pour « Natural fiber welded » ou « fibres naturelles soudées »). L’idée a ensuite été de développer une petite machine capable de générer en permanence des dizaines de mètres de fil à la fois, afin de stocker toujours plus d’énergie.

Leur objectif ? Transformer le textile en véritable plateforme autosuffisante pour des technologies intégrées et invisibles. Et pourquoi pas être une solution pour l’industrie électronique. De quoi concurrencer le récent projet de recherche et développement dédié aux vêtements et objets connectés Google, projet Jacquard. Focalisé sur le vêtement connecté en lui-même et non son autonomie, Ivan Poupyrev, responsable du projet, reconnaissait ainsi deux problèmes : le lavage régulier et la batterie.

Source : Spectrum