Nous sommes en 2034. Le réseau électrique et Internet fonctionnent main dans la main et ne  forment plus qu’une seule et même réalité : l’Internet de l’énergie. Grâce à cette technologie, une poignée de révolutionnaires, dans la cité nouvelle du Grand Paris, a décidé d’organiser la « Grande Connexion ». Théo est l’un d’entre eux… Au début du XXIe siècle, le système énergétique était dans les mains des élites, des hautes instances. Tout était contrôlé de façon centralisée et les citoyens avaient un rôle marginal, celui du consommateur. Mais cela n’a pas tardé à changer. Grâce à des technologies toujours plus performantes et interconnectées, les citoyens ont pu s’approprier la production d’énergie. Ce fut l’avènement d’une révolution pacifique mais inéluctable : la révolution énergétique. Aujourd’hui, nous sommes des millions de consommateurs/producteurs d’énergie, et nos actes quotidiens permettent à tous d’accéder à une énergie moins chère et plus propre. Les entreprises jouent leur rôle en ayant emprunté depuis longtemps le chemin de la performance énergétique et de l’interconnexion intelligente standardisée, essentiels à l’équilibre du système. Ces milliards de petites transactions quotidiennes, décentralisées, ce sont les multiples visages de la nouvelle économie de l’énergie. Mais cette révolution énergétique n’est pas terminée. Moi, Théo, et mon groupe de militants, les « Electrons idols », nous avons décidé d’apporter à ce formidable changement technologique la touche finale. Celle qui donne à cette révolution technologique un but humain : l’autosuffisance énergétique permanente.

Vers la « Grande connexion »

De nos jours, le mix énergétique n’est plus décidé à l’échelle d’un pays ou même d’une ville, mais d’un quartier voire d’un logement. On a le pouvoir de choisir. J’ai pour ma part un système de production personnalisé, avec mes propres panneaux solaires, une batterie à hydrogène (dans la cabane), un investissement dans l’éolienne coopérative du quartier. Et quand mes batteries sont vides, j’importe mon électricité chez un proche voisin, Sacha, qui produit lui-même son biocarburant à partir de bactéries. Nous sommes désormais des milliers de sympathisants anonymes, comme Sacha et mes amis des « Electron Idols ». Nous sommes prêts et entrons, à l’échelle de notre Cité, Grand Paris, dans l’âge de l’autosuffisance. Rien ne se perd, rien ne se gagne, tout se (re)produit. Justement, regardez ! Un quartier proche, le 124ème district, est en déficit. Quand je zoome parmi mes connexions favorites du quartier en question, je peux voir que mon cousin Mathis a besoin de recharger sa voiture pour raccompagner ses amis chez eux. Plutôt que de le laisser acheter de l’énergie fossile auprès d’une centrale à gaz ou à charbon, je peux lui fournir moi-même de l’énergie propre et à moindre coût, d’un simple clic. Demain, nous lançons l’opération dite de la « Grande connexion » : de la même façon que les réseaux peer-to-peer distribuaient de la musique au XXème siècle, nos ordinateurs vont se mettre à communiquer sans notre intervention pour, chaque jour, organiser notre optimisation énergétique. Avec de l’espoir et beaucoup de courage, nous réussirons, ensemble, à devenir indépendants énergétiquement. Vive la révolution !