Stocker l’énergie renouvelable est l’un des enjeux majeurs du développement des énergies nouvelles. Des solutions de conservation de la production excédentaire sont à l’étude pour compenser les pics de demande énergétique dans les périodes creuses. Au Canada, une société projette d’utiliser des caves de sels souterraines pour stocker l’énergie renouvelable sous forme d’air comprimé.

Un procédé réaliste

C’est au Canada, dans la province d’Alberta, que la société Calgary Rocky Mountain Power veut répondre au problème de l’intermittence des EnR en stockant l’énergie excédentaire dans le sous-sol – des cavernes souterraines de sel – par air comprimé. Lorsque le besoin en énergie augmente, l’air est envoyé directement vers des turbines et produit de l’électricité.

Comme pour les méthodes qui reposent sur l’utilisation d’hydrogène, le principe consiste à convertir l’énergie électrique en une énergie plus simple à stocker, qui pourra être convertie à nouveau à tout moment.

La présence du sel dans les cavernes souterraines permet de conserver l’air comprimé. Ces caves sont profondes d’une centaine de mètres et offrent donc une grande capacité de stockage. D’après les estimations de Calgary Rocky Mountain Power, l’installation de 160 MW prévue dans la région de Lloydminster pourrait alimenter pendant cinq jours une ville de 90 000 habitants, et ce d’ici 2020.

Mais si les prévisions sont impressionnantes, la mise en application du projet est toutefois onéreuse puisqu’il est question de 250 millions de dollars.

Une solution trop chère pour être viable ?

Le coût de mise en place d’un tel procédé est à rapporter à son taux de rendement. En effet, si on évalue aujourd’hui que les frais d’installation de ce système de stockage restent trop élevés, c’est qu’ils le sont vis à vis de l’efficacité du dispositif.

À ce jour, le rendement est limité à 50% environ. Concrètement, pour une quantité donnée d’énergie renouvelable stockée, on n’est capable d’en restituer que 50% au plus. Cela est dû à la chaleur, qui provoque des déperditions. C’est pour cette raison que seuls deux sites existent aujourd’hui, aux États-Unis et en Allemagne.

Toutefois, un rendement de 70% serait possible selon les scientifiques. Le rapport prix/efficacité du stockage s’en verrait alors bien amélioré. Pour atteindre ces performances, les chercheurs veulent récupérer les calories de l’air comprimé pour alimenter une turbine. Cette énergie produite compenserait en partie la déperdition.

« Cela permettrait à davantage d’énergie renouvelable de circuler en Alberta. L’un des problèmes de ce type d’énergie, c’est que c’est intermittent et que ce n’est pas toujours disponible » explique Jan van Egteren, le président de l’entreprise Rocky Mountain Power.

 

Source : https://www.lenergieenquestions.fr/tag/sel/