Gaspillage énergétique, pollution, émission de CO2 : le logement est indissociable de ces problématiques. Les normes en la matière restent pourtant timides.

Des particuliers, issus de la culture des « makers », ces adeptes du jamais mieux servi que par soi même, ont décidé de prendre le taureau par les cornes et conçoivent eux même des habitations responsables, dites bioclimatiques. Trois questions se posent aux bâtisseurs : conserver et réguler la chaleur, chercher l’autonomie électrique, assurer un traitement des eaux aussi écologique que possible. Les solutions, à la fois antiques et modernes, allient architecture écologique, panneaux solaires, matériaux recyclables, mais aussi des techniques traditionnelles, comme le font par exemple les mas de Provence.

La maison Clé de Sol en Suisse est un exemple réussi de ce que des «makers » motivés, Oliver et Françoise Guisan, ont pu accomplir.

La Maison Clé de sol

Rotonde de terre cuite et de panneaux photosensibles, la maison clé de sol expose ses rondeurs sur les bords du lac Léman. La demeure, assez belle, cache un cœur simple. Olivier Guisan, un ancien physicien atomique, a préféré le modeste et le pérenne. Son équipement le plus sophistiqué ? « Un thermostat à 50 euros. »

Sa forme même lui permet de suivre la course du soleil, nécessaire aux panneaux; capteurs thermiques en bas pour produire de l’eau chaude par convection, et photovoltaïques en haut pour le courant. Le peu de besoin de chauffage est assuré par une petite provision de bois.

L’eau vient du toit, elle est filtrée et décanté dans une citerne Les rejets sont traitées par une station d’épuration, puis aboutissent à une mare dans le jardin.

Des Toilettes sèches bien ventilées permettent enfin d’épargner l’eau (30% de gain) et produisent du compost.

Les bâtisseurs en Provence ont toujours su s’adapter à leur climat : étés brûlants et hivers venteux. Ces formes ramassées, aux murs épais, aux fenêtres rares laissent peu de prise au vent et soleil : façades puissantes et ombragées au sud, mur de forteresse au nord face au Mistral. Un système comme le puit, dit provençal, permet également de réguler: un échangeur de chaleur rafraîchie l’air ventilé, ou l’inverse. Le sol sert alors à mitiger la température par son inertie thermique.

Les Makers

Ces héritiers du Homebrew Computer Club, de la Silicon Valley, ne se satisfont plus d’horizons formatés par d’autres. Les frontières de nouvelles technologies peuvent-elles remplacer celles de l’ouest pour ouvrir l’espace à l’individu, le rendre libre?

Si le rêve d’autonomie est identique, les exigences différent : pas question de grelotter l’hiver ou de se laver dans le ruisseau. La connexion par le réseau crée aujourd’hui de vastes bibliothèques de données pratiques. Les cultures hors sol, aéroponie et hydroponie remplacent le potager, les batteries électriques la réserve à bois, domotique et automatisation promettent un fonctionnement sobre et efficace.

Les procèdes d’impression 3d ne vont elles pas finir par ramener l’industrie elle même au local ?

Comme l’explique Chris Anderson du magazine Wired, « La vrai révolution ce n’est pas la création de la technologie, mais sa démocratisation ».