Pour l’Allemagne, l’objectif est clairement défini : en 2020, les émissions de carbone doivent avoir chuté de 62 millions de tonnes et 80% de l’énergie produite doit être d’origine renouvelable en 2050. Une ambition de taille. Pour y parvenir, le pays va être obligé de revoir son système de production énergétique : en ligne de mire, le charbon.

Une histoire de charbon

« L’Allemagne consomme plus de charbon pour sa production d’électricité que n’importe quel autre pays de l’Union européenne, devant la Pologne et la Grande-Bretagne » explique WWF. Après avoir tourné le dos au nucléaire, les centrales à charbon ont repris de l’importance et le système énergétique du pays s’est restructuré autour d’elles. Mais pour atteindre ces objectifs ambitieux de réduction d’émissions de carbone, l’Allemagne va devoir intensifier sa transition énergétique.

Déjà entre 2000 à 2013, le pays a réussi une formidable évolution en multipliant par quatre sa production d’énergies renouvelables. Dans le même temps, il diminuait de 43% l’électricité nucléaire et de 2% celle d’origine charbon / lignite.

Mais entre 2010 et 2013, la production d’énergie à base de charbon a continué son ascension et augmenté de 23 TWh. Si l’Allemagne veut être à la hauteur de ses ambitions, elle va devoir réduire cette progression et renforcer sa production d’énergies renouvelables. Un défi que le gouvernement veut relever mais qui ne plaît pas à tout le monde.

Un défi politique

L’industrie du charbon est historique en Allemagne. Elle a pris un nouvel élan en 2002, entrainant très logiquement une forte croissance de l’emploi sur le secteur. Première étape d’une transition énergétique qui s’invente et progresse chaque jour, elle doit aujourd’hui évoluer.

Mais le gouvernement du pays se retrouve face à un problème d’envergure : une partie de l’opinion, bénéficiaire de l’accélération de l’industrie du charbon, y trouve son intérêt et s’oppose au remplacement progressif des usines, y voyant un risque pour l’emploi.

Les décideurs publics vont devoir mener une fine politique du changement en démontrant les avantages économiques des EnR et en rassurant sur les inquiétudes. Concrètement, il s’agira de prouver que les énergies renouvelables représentent le futur et que leur production sera génératrice d’une large manne d’emplois d’avenir.

 

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