Mais pourquoi donc décidons-nous, un beau jour, d’économiser notre énergie ? Est-ce un courrier du fournisseur d’électricité, qui vous informe que nous consommons deux fois plus que notre voisin ? Est-c’est un documentaire sur Arte, où vous découvrez que le monde du futur sera efficace énergétiquement ? Mais pourquoi changeons-nous, subitement, de comportement ? Moi, j’ai changé le jour où j’ai rencontré ma femme. C’était en juin 2013, une année sans été… Je m’adonnais à mon rituel nocturne : rechercher (plutôt passivement) ma future femme sur un site de rencontre. Un soir, sur le profil d’une certaine Céline, une question en guise de titre d’annonce retient mon attention : « Es-tu un Homo Energeticus ? ». La description suit, non moins étonnante : « l’Homo Energeticus, c’est le nouveau sexy. Es-tu l’un d’entre eux ? Tu préfères les ambiances tamisées et les dîners aux chandelles ; pour toi, éteindre la lumière en sortant de la pièce, c’est aussi important que relever la lunette des toilettes. Tu es courant qu’une fille ça a tout le temps froid la nuit, et que pour la garder près de toi l’hiver tu dois présenter un bon diagnostic de performance énergétique. Tu es quelqu’un d’ouvert, comme toutes tes fenêtres en été. Tu es du genre indépendant (énergétiquement) : tu aimes passer la soirée avec tes amis à comparer la taille de vos panneaux photovoltaïques. La salle de sport, tu ne connais pas, parce que tu ne te déplaces qu’à pied ou à vélo et que tu as donc les jambes musclées. Mais comme tu n’abuses jamais du chauffage ou de la climatisation, tu t’autorises des petites poignées d’amour pour tenir le coup lors des grandes variations de température. Enfin pour toi, les vacances idéales, c’est une semaine de glamping, la version glamour du camping. Et dans une cabane flottante passive, c’est encore mieux. » « Si tu te reconnais dans le portrait de l’Homo Energeticus, contacte-moi. Mais avant, vérifie bien que : 1) Tu cherches une relation (et un mode de vie) durable 2) Tu n’as laissé aucun appareil en veille chez toi (ils représentent jusqu’à 10% de ta consommation électrique annuelle). » Xxx Céline » Après m’être empressé de tout éteindre, je lui envoie : « J’ai tout éteint, et je me retrouve dans le noir. On fait quoi maintenant ? » Une minute plus tard, sa réponse fuse : « J’arrive 😉 » Depuis, j’ai envoyé à Céline mon empreinte carbone. Elle accepté de se connecter à mon réseau. Nul doute possible : nos bilans énergétiques sont compatibles. Qu’il vente, qu’il neige ou qu’il pleuve, il se trouve toujours une éolienne ou un barrage hydroélectrique pour alimenter notre bonheur, sans intermittence.