Linky et GazPar : les compteurs nouvelle génération

Linky et GazPar : les compteurs nouvelle génération

Outre les particuliers, les entreprises ont, elles aussi, une très bonne carte à jouer avec la mise en place des compteurs intelligents Linky pour l’électricité, et GazPar pour le gaz. Équilibre de la consommation au quotidien et factures sur une base réelle sont les deux principaux avantages de ces compteurs nouvelle génération. Tout cela reposant sur le même principe d’efficacité énergétique et donc d’économies.

Le déploiement de Linky chez les professionnels

En France le déploiement progressif du compteur Linky – que ce soit dans les entreprises ou chez les particuliers – se fait par zones géographiques et doit s’achever en 2021. Que ce soit pour les petites entreprises qui ont souscrit un contrat d’électricité inférieur ou égal à 36 kVA ou pour les structures très importantes, les compteurs seront installés gratuitement par un prestataire agréé par Enedis.

Les entreprises sont prévenues 1 mois avant l’installation du compteur. Celle-ci ne dure que 30 minutes et nécessite une coupure électrique uniquement pendant ce laps de temps.

GazPar, le compteur intelligent pour le gaz

Moins connu que son équivalent en électricité, le compteur intelligent GazPar fonctionne de la même manière – à quelques détails techniques près – pour calculer la consommation de gaz de l’entreprise. L’appareil envoie les informations deux fois par jour automatiquement au serveur de GRDF, lequel les transmet une fois par mois seulement au fournisseur d’énergie afin que celui-ci puisse facturer la consommation sur une base réelle.

Après un démarrage test des installations en 2016, la mise en service de GazPar s’est faite à grande échelle en 2017 et se répartira sur le territoire au fur et à mesure, de sorte à former un maillage complet à horizon 2022. Comme pour Linky, la pose du compteur est entièrement gratuite et réalisée par des partenaires de GRDF choisis après un appel d’offres.

La communication des données

  • Linky via la technologie CPL

Pour envoyer les informations aux fournisseurs d’énergie, les nouveaux compteurs intelligents Linky utilisent la technologie CPL ( = courant porteur en ligne) de communication des données. Ce système très ancien permet dans une habitation, un immeuble, une entreprise ou à l’échelle d’un quartier, de faire transiter des informations numériques – telles que la consommation d’électricité – à travers le réseau électrique et cela par le biais d’une consommation très faible.

Ce système ne nécessite donc aucun câblage supplémentaire et, contrairement à certaines légendes, n’entraîne pas un courant magnétique autour de lui. La domotique la plus ancienne, comme les volets roulants, l’utilise depuis longtemps. Les données sont quant à elles cryptées tout au long de leur circuit.

  • GazPar par ondes radio

La communication du système GazPar ne passe pas, par définition, par le réseau électrique comme le compteur Linky. Pour le gaz, ce sont les ondes radio qui permettent de transmettre les données en moins d’une seconde. Celles-ci sont également cryptées jusqu’à leur arrivée dans le système d’information de GRDF qui les traite.

La volonté d’un smart-grid à l’échelle européenne…

Dès 2009, une directive européenne a prévu l’installation de compteurs communicants d’énergie dans les pays membres, de sorte à équiper au moins 80% du territoire d’ici 2020. En 2012, l’Europe est allée plus loin dans ses prérogatives d’efficacité énergétique, visant la création d’un véritable réseau électrique intelligent et harmonisé sur tout le territoire européen pour une meilleure gestion des besoins.

… mais une réalité encore contrastée

Dans l’ensemble de l’Union Européenne, les règles communes de modernisation dans le domaine de l’énergie avancent donc mais se cognent à des disparités étonnantes à première vue. En effet, la France, si elle fait actuellement les efforts nécessaires, reste encore loin derrière ses voisins. C’est aussi le cas, en plus spectaculaire, de l’Allemagne, qui a même renoncé à sa généralisation en 2015, en privilégiant seulement les consommateurs importants, alors que le pays est justement le plus gros consommateur d’électricité en Europe…

À l’inverse de l’Italie et de la Suède qui en tirent déjà de nombreux bénéfices, notamment pour les entreprises, avec un déploiement des compteurs intelligents sur 100% de leur territoire respectif, depuis 2011 pour le premier et 2009 pour le second !

En France, les entreprises déjà équipées en compteurs intelligents Linky et GazPar n’ont pas du tout eu les mêmes craintes que les particuliers et se sont appropriées cette nouvelle manière de gérer leur consommation au jour le jour.

D’autres y ajoutent par ailleurs un système intelligent global qui permet, là aussi, de gérer sa consommation, directement en ligne ou sur une application, mais aussi de détecter les postes énergivores, les pertes inutiles, et de mieux répartir l’énergie en fonction de la présence ou des moments de la journée.

Pour cela, elles se tournent vers des entreprises spécialisées dans la performance énergétique qui leur proposent, clé en main, une somme d’outils personnalisés de gestion de l’énergie. Ceux-ci permettent d’avoir un suivi constant des consommations énergétiques sur tous les types de flux (électricité, gaz, mais aussi eau, fioul et chauffage urbain) et de les comparer avec des fichiers de gestion, par exemple pour connaître l’énergie consommée en fonction de la météo.

Loin des craintes infondées qu’ils génèrent pour une partie du public, les compteurs intelligents sont au contraire un formidable moyen de gérer sa consommation énergétique et d’en être pleinement responsable. Les entreprises, des petites structures aux grands groupes, y trouvent un premier levier d’efficacité énergétique grâce à un outil connecté, lequel peut être enrichi par un système complet et sur-mesure de maîtrise de la consommation.

Quand les acteurs du B2B voient les effets de leur positionnement « green »

Quand les acteurs du B2B voient les effets de leur positionnement « green »

Bien loin du « green washing », où les allégations ne sont que de la poudre aux yeux, les entreprises du B2B sont de plus en plus nombreuses à avoir un positionnement « green » réel qui se traduit par des actions concrètes et visibles. D’une part, parce que les lois successives obligent certaines d’entre elles ou encouragent les autres et, d’autre part, parce que ces efforts et la réputation qui en découle sont un formidable levier de croissance.

Les entreprises du B2B en première ligne

Au sommet de la pyramide, les entreprises du B2B, qu’elles produisent ou qu’elles soient des prestataires de service, font figure, pourrait-on dire, de premières de cordée, ou au minimum de forces d’entraînement pour leurs clients et partenaires. En effet, les entreprises du B2B sont nombreuses à fabriquer les matériaux ou les composants nécessaires à l’activité des entreprises B2C. Or, les méthodes de production, le transport ou encore les rejets toxiques, ont un impact direct sur l’environnement.

Les efforts et les concrétisations des B2B pour minimiser cet impact font boule de neige à mesure que ces entreprises en font un argument pour leur faire confiance, dans une démarche de développement durable.

Les lois qui obligent ou qui encouragent

 Les engagements environnementaux, chez les B2B comme chez leurs clients, ont bien sûr pour racine une base légale qui s’étoffe d’année en année. Elle a pour socle la responsabilité sociale (ou sociétale) des entreprises (RSE), un instrument obligatoire pour les grandes structures et facultatif pour les autres.

  • Le versant obligatoire de la RSE

Les contours de la RSE ont été définis par les deux lois Grenelle successives. Cette responsabilité incombe aux entreprises qui génèrent au moins 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et dont le nombre de salariés est supérieur ou égal à 500.

En pratique, les premières obligations ont commencé avec la loi NRE (relative aux nouvelles régulations économiques) de 2001 pour les entreprises cotées en Bourse. Depuis, le caractère obligatoire d’une politique de responsabilité sociale s’est étendu aux autres grandes entreprises, notamment B2B, et le législateur a par ailleurs élargi le champ des obligations. 

  • Le versant facultatif mais valorisé de la RSE

Pour les autres entreprises qui n’ont pas cette obligation, il est néanmoins possible de s’engager dans une démarche volontaire. Et cela grâce à la norme ISO 26000, qui est une boîte à outils au cœur de la RSE. Cette norme internationale n’est pas obligatoire et elle n’ouvre pas la voie à une certification, cependant les entreprises peuvent se baser sur elle pour engager des démarches environnementales concrètes.

Pour les acteurs du B2B et toute autre structure, s’engager dans la norme ISO 26000 témoigne d’une volonté de mettre en place des solutions concrètes afin de réduire les conséquences négatives de leurs activités sur l’environnement. Qu’il s’agisse de nouvelles installations peu gourmandes en énergie, de l’utilisation de matériaux plus propres, de rénovations thermiques, ou bien encore de la mise en place d’un système intelligent de management de l’énergie ; cette solution étant l’une des plus simples à court terme, avec un retour sur investissement rapide.

Au sommet de la pyramide, les B2B qui ont l’obligation ou non d’opérer des changements réels, peuvent ainsi communiquer sur leur engagement dans le développement durable et entraîner leurs clients dans la même démarche. Une manière de faire d’une pierre deux coups, voire ici trois, pour un résultat salutaire.

 

La communication responsable pour valoriser ses actions

  • Le reporting RSE

Accessible à tous, le reporting RSE synthétise et donne à voir les résultats de la politique de développement durable instaurée dans l’entreprise. Parce qu’il est public et de plus en plus attendu par les partenaires et les clients, le reporting RSE est un véritable outil de communication transparent pour valoriser ses actions de développement durable. Ses éléments chiffrés, inscrits noir sur blanc, encouragent directement les partenaires des acteurs du B2B à en faire autant.

  • Les labels RSE pour la norme ISO 26000

S’il n’y a pas à proprement parler de certification pour la norme ISO 26000, il existe néanmoins des labels qui permettent aux entreprises d’être évaluées et de communiquer sur la portée de leurs efforts.

Les labels entreprise RSE, aussi bien dans le domaine environnemental que social, sont d’ailleurs devenus en quelques années des marqueurs de réputation recherchés par les clients et les partenaires des entreprises B2B.

Proposés par des organisations indépendantes, telles que le label LUCIE créé en 2008 et qui fait figure de référence, ils fournissent les outils pour une auto-évaluation avant une évaluation externe, jusqu’à la labellisation et à son suivi dans le temps. Le label doit être renouvelé tous les 3 ans pour rester valable.

Pour les entreprises du B2B, les efforts environnementaux dans leur mode de fonctionnement, dans leur chaîne de production, sont une véritable force pour leur évolution économique. Cela passe aussi par une communication responsable et la mise en avant des changements positifs auprès de leurs clients et de leurs prospects, dès lors confiants et inspirés pour s’engager également.

Le Plan Bâtiment Durable, une mission essentielle dans la transition énergétique

Le Plan Bâtiment Durable, une mission essentielle dans la transition énergétique

Le Plan Bâtiment Durable, une mission essentielle dans la transition énergétique

Sans les propositions émises par le Plan Bâtiment Durable (PBD), il n’y aurait pas eu de partie « bâtiment » dans la Loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte. C’est ainsi que l’on peut présenter cette structure, rattachée à deux ministères, dont celui, bien sûr, de la Transition Écologique. Le PBD a en effet pour mission de faire le lien entre les acteurs du bâtiment et ceux de l’immobilier pour proposer des solutions concrètes d’amélioration de la performance énergétique, à destination des bâtiments tertiaires publics et privés, tout comme des logements privés.

 

Qu’est-ce que le Plan Bâtiment Durable ?

 

Lancé en 2009, le Plan Bâtiment Durable est une mission diligentée par les pouvoirs publics. Composé d’une équipe restreinte et permanente, le PBD est présidé depuis sa création par Philippe Pelletier, avocat spécialisé notamment en droit immobilier.

Rattaché à la fois au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire et au Ministère de la Cohésion des Territoires, le Plan Bâtiment Durable est avant tout force de propositions auprès des pouvoirs publics. Celles-ci proviennent de discussions avec les acteurs du bâtiment et de l’immobilier : parce qu’ils ont des attentes et des contraintes différentes, le Plan Bâtiment Durable permet de les mutualiser et de formuler des propositions, d’ordre réglementaire ou non, concertées et concrètes.

Le PBD fonctionne à travers un bureau mensuel qui réunit une quarantaine d’organismes représentatifs, une assemblée publique qui a lieu trois fois par an et qui donne la parole à tous, ainsi que des groupes de travail qui planchent sur des thématiques spécifiques (actuellement deux groupes travaillent respectivement sur la rénovation énergétique des bâtiments éducatifs avec la Caisse des Dépôts et sur le projet Réflexion Bâtiment Responsable 2020-2050).

Il relie ainsi les intérêts divers des professionnels et de tous les acteurs du bâtiment pour arriver à un résultat commun : une meilleure efficacité énergétique et environnementale dans les bâtiments.

 

Des propositions devenues des réalisations concrètes

 

Environ 80 % des dispositions concernant le bâtiment inscrites dans la Loi de Transition énergétique proviennent directement des propositions du Plan Bâtiment Durable. Son rôle est donc fondamental et très concret.

 

Parmi ses idées devenues réalités : la création du Carnet numérique de suivi et d’entretien du logement, inscrit à l’article 11 de la loi. Imaginé par un groupe de travail du PBD – il s’appelait alors « la carte vitale du logement » – ce carnet virtuel a pour but de rassembler toutes les données du logement pour en améliorer la performance énergétique. Depuis le 1er janvier 2017, il est obligatoire pour toutes les constructions de logements neufs et, dès janvier 2025, il le sera pour tous les logements qui feront l’objet d’une vente. N’étant cependant pas encore pleinement opérationnel, il est actuellement en cours d’expérimentation par le Plan Transition Numérique dans le Bâtiment.

Un groupe de travail a également imaginé l’utilisation des MOOC pour former les professionnels du bâtiment et de l’immobilier : la plateforme MOOC Bâtiment Durable, portée par l’ADEME et le Plan Bâtiment Durable, en collaboration avec France Université Numérique et tous les acteurs de la filière. Fin 2017, on y comptait déjà plus de 17 000 inscrits.  Des formations en ligne gratuites, renouvelées tout au long de l’année, permettent à tous les professionnels, tout comme aux particuliers, de suivre des cours complets sur des sujets généralistes ou très pointus. Elles offrent ainsi la possibilité d’acquérir les connaissances indispensables aux mutations technologiques du secteur.

 

La rénovation des bâtiments tertiaires toujours d’actualité

 

Dès 2013, alors que le décret organisant l’obligation de rénovation dans le parc tertiaire, en application de la loi Grenelle, tardait à sortir, le Plan Bâtiment Durable avait invité ses partenaires à se lancer dans une rénovation volontaire de leur parc par la création de la « charte pour l’efficacité énergétique du parc tertiaire public et privé ». Il s’agissait d’une rénovation sans contrainte légale, pour une meilleure performance énergétique et un retour sur investissement rapide.

En 2017, le décret paru a été très rapidement suspendu par le Conseil d’État ; les signataires de la charte – dite tertiaire – ont alors souhaité donner une nouvelle impulsion à cette démarche volontaire et le Plan Bâtiment a lancé une nouvelle version de la charte.

Cette suspension n’a donc pas mis un point d’arrêt aux objectifs spécifiques du secteur tertiaire, en particulier auprès des acteurs volontaires regroupés au sein de la charte. Ces professionnels seront d’ailleurs associés à la concertation pour un nouveau décret qui devrait passer par l’écriture d’une nouvelle base légale.

 Tout au long de l’année 2018, l’action du PBD se poursuivra sur de nombreux terrains. Il s’agira notamment de continuer la déclinaison régionale du plan, pour une approche locale collective et une appropriation directe des prochains enjeux pour tous les acteurs de la filière.

 

À noter : le Congrès national du Bâtiment Durable tiendra sa 7ème édition fin septembre/début octobre 2018. Il réunit chaque année près de 600 professionnels autour des thématiques d’efficacité énergétique et environnementale des bâtiments.

Concilier le confort et les économies d’énergie dans les bâtiments tertiaires

Concilier le confort et les économies d’énergie dans les bâtiments tertiaires

Les prérogatives visant à réaliser des économies d’énergie, ainsi que la mise en place de moyens innovants pour y parvenir, ne doivent pas se faire à l’encontre du confort des occupants des bâtiments tertiaires. Les deux sont compatibles et doivent le rester pour une transition énergétique efficace. Les outils de l’efficacité énergétique ont été conçus et évoluent dans cet objectif.

 

Les besoins des occupants des bâtiments

 

Dans les bureaux, qu’ils soient ou non en open space, ou encore dans les lieux accueillant du public, le besoin de confort est un critère déterminant pour le bien-être général des occupants et, par conséquent, pour la productivité des collaborateurs. Rogner sur l’un ou l’autre n’est plus envisageable. Pour cette raison, les innovations concrètes générées par l’efficacité énergétique se déterminent sur ces deux tableaux.

 

L’Observatoire de l’Immobilier Durable (OID) l’a rappelé dans son dernier baromètre en 2016 : le confort et le bien-être au travail font partie des préoccupations les plus importantes des salariés.

Ainsi, lumière, température et bruit sont les trois critères qui déterminent pour eux la notion de confort.

 

Ce rapport rappelle aussi que les envies des plus jeunes pour améliorer leur vie au travail semblent plus proches des soucis environnementaux, comme la qualité de l’air qu’ils respirent et l’utilisation de l’énergie. Les nouvelles générations sont donc en première ligne pour une évolution favorable.

 

L’éclairage à la traîne dans les bâtiments tertiaires

 

Cependant, ce n’est pas pour autant qu’aujourd’hui le confort dans les bâtiments tertiaires est synonyme d’une utilisation intensive de l’énergie. C’est ainsi qu’en octobre 2017, le Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie (CEREN) publiait, pour le compte de l’ADEME, des résultats étonnants qui vont à l’encontre de toutes les innovations en matière d’éclairage basse consommation.

 

Ceux-ci montrent en effet que, encore à l’heure actuelle, les bâtiments du secteur tertiaire utilisent des éclairages à la fois gourmands en énergie, pour près de la moitié d’entre eux, et mal adaptés aux usages : le plus souvent, ils n’éclairent pas assez. Autrement dit, ils sont à la fois énergivores et inconfortables, soit exactement l’inverse de la définition de la transition énergétique.

 

Les solutions qui permettent le confort et les économies d’énergie

 

Garantir à la fois le confort et une consommation raisonnée de l’énergie sont donc les deux objectifs de l’efficacité énergétique. Et l’un ne va pas sans l’autre.

 

Pour parvenir à créer une synergie entre ces deux perspectives, la mise en place de solutions après un audit aurait dû devenir obligatoire, en tout cas pour une partie des bâtiments les plus grands et avec le plus grand nombre de salariés. Pour autant, la loi du 17 août 2015, relative à la transition énergétique pour la croissance verte, fixe des objectifs sur les 15 et 30 prochaines années. Telle une boîte à outils, elle offre un cadre en ce sens, à la fois pour la rénovation des bâtiments existants et pour les nouvelles constructions.

 

Ces bâtiments, par leur diversité, passant du public au privé, de la petite à la grosse structure, génèrent en effet une très grande partie de la consommation nationale. La consommation d’énergie du secteur tertiaire concerne presque aux deux tiers la consommation d’électricité : ce qui comprend l’éclairage, le chauffage, la climatisation, et bien sûr tous les besoins quotidiens en informatique et bureautique.

 

Parce qu’il permet de réaliser des économies rapidement et à long terme, la mise en place d’un système intelligent de management de l’énergie garantit un retour sur investissement dans un délai court. Par sa capacité à contrôler en permanence la consommation, il régule et anticipe, il détecte aussi les mauvais usages et alerte sur les gâchis. Tout comme il adapte l’éclairage, le chauffage ou la climatisation en fonction de la présence.

 

Les bâtiments du secteur tertiaire, quel que soit leur domaine, ont donc tout intérêt à engager ou à poursuivre l’installation d’un système intelligent de management de l’énergie.

La norme ISO 50001, une certification pour un management efficace de l’énergie

La norme ISO 50001, une certification pour un management efficace de l’énergie

Publiée en 2011 et établie dans une soixantaine de pays, la certification ISO 50001 est une norme internationale, non-obligatoire, qui complète les normes environnementales existantes. Elle propose une méthodologie et des solutions concrètes à destination de toutes les structures, publiques ou privées, petites ou grandes, pour une meilleure efficacité énergétique.

Un objectif en deux temps

La norme ISO 50001 est une boîte à outils pour une gestion efficace et un usage intelligent de l’énergie. Sa certification est fondée sur un principe : la mise en place d’un système de management de l’énergie visant à réduire la consommation des entreprises et des collectivités.

Cet objectif se définit en deux temps : réduire sa consommation d’énergie puis, par ricochet, participer à garantir l’accès à l’énergie pour tous à travers le monde. Une grande ambition qui commence directement au sein de chaque structure.

Si cette norme donne un cadre, elle ne donne cependant pas d’objectifs chiffrés. Chaque organisme y trouve une base pour entreprendre la démarche à son niveau et à son rythme. Si bien qu’aucun engagement dans l’ISO 50001 ne ressemble à un autre, autant dans la méthode que dans les travaux et les aménagements.

N’étant pas obligatoire, ceux qui s’y engagent le font par conviction, pour des résultats visibles. Cela se traduit par la mise en place d’un système de management de l’énergie, lequel entraîne des économies et un retour sur investissement à court et à long terme. Autrement dit, il s’agit d’inclure l’efficacité énergétique dans sa stratégie globale.

Établir en amont une politique générale de l’énergie

Suivre les recommandations de l’ISO 50001 suppose de faire des économies d’énergie et donc de renforcer sa compétitivité. Pour cela, il est essentiel pour la direction d’une structure de mettre en place en amont une véritable politique générale de l’énergie au sein de ses bâtiments et dans le cadre de sa production éventuelle. Ce qui implique aussi de mobiliser tous les acteurs de l’entreprise ou de la collectivité dans un même objectif.

Cette politique suppose également la nomination d’un Référent Énergie (ou Energy Manager). Il travaillera avec une équipe dont les compétences regrouperont tous les domaines concernés par les économies d’énergie (directeur technique, responsable de la maintenance, etc.).

Mettre en place un système de management de l’énergie

Le travail à accomplir n’étant pas toujours possible pour une personne interne à la structure, le Référent Énergie peut également être une personne extérieure. Comme, par exemple, dans le cadre d’une souscription à un contrat d’efficacité énergétique et de la mise en place d’un système innovant de management de l’énergie.

Les recommandations de la norme débutent par un état des lieux de la consommation énergétique à travers un audit, lequel peut aussi être réalisé à distance et donc à moindre coût. La norme a dans tous les cas pour base la consommation de référence : il s’agit d’une moyenne qui sert de repère pour la mise en place d’un plan d’action.

Notons par ailleurs que, depuis 2013, la loi DDADUE oblige les entreprises de plus de 250 salariés à effectuer un audit énergétique tous les 4 ans. Mais l’obtention de la certification ISO 50001 les exempte de cette démarche complémentaire. De la même manière, une entreprise qui a régulièrement effectué des audits et qui, d’une façon générale, suit sa consommation avec un système intelligent, n’a pas besoin de faire un audit pour être certifiée ISO 50001.

La certification en tant que telle

La certification ISO 50001 est toujours validée par un organisme indépendant. Elle offre bien sûr des avantages, en plus de ceux déjà apportés par les aménagements : elle permet de communiquer sur sa démarche et ses efforts auprès de ses actuels et futurs clients et de son public. Elle est aussi l’occasion de prendre en compte les analyses et les conclusions de l’auditeur extérieur pour améliorer encore son management de l’énergie.

Focus : l’obligation d’installer un système de comptage 

Le comptage de la consommation par poste est un élément inhérent à la certification ISO 50001 et à l’installation d’un système de management de l’énergie. S’engager dans cette norme signifie aussi entrer dans une amélioration continue de sa consommation énergétique.

Un monitoring constant des installations s’inscrit ainsi comme un outil primordial pour déterminer les postes énergivores et par conséquent les gaspillages, les mauvaises utilisations, les installations défectueuses, notamment avec une fonction d’alerte. Un monitoring digital, sécurisé, accessible en ligne par chaque personne habilitée, devient dès lors le meilleur outil de comptage en temps réel.

Le fait qu’elle ne soit pas obligatoire suscite des critiques. Cependant, la norme ISO 50001 est considérée par les structures qui se sont engagées comme un formidable accélérateur dans la mise en place de solutions pour faire des économies immédiates et durables. Soit une manière efficace de de participer activement à la transition énergétique !

Enjeux de la transition énergétique : les objectifs des entreprises et des collectivités

Enjeux de la transition énergétique : les objectifs des entreprises et des collectivités

Transition énergétique : les objectifs des entreprises et des collectivités

Promulgué en mai, le décret tertiaire, longtemps attendu, a finalement été suspendu par une décision du Conseil d’État le 28 juin 2017. Mais quelle que soit la forme, quel que soit le texte de référence, les objectifs des entreprises et des collectivités dans la transition énergétique demeurent identiques : baisser la consommation énergétique de leurs bâtiments, contribuer à la réduction des gaz à effet de serre, trouver de nouvelles manières de maîtriser globalement l’énergie et participer à la production d’énergies renouvelables. (suite…)