La transition énergétique avance chaque jour. Des nouveaux procédés de stockage de l’électricité à l’optimisation des méthodes de production, les innovations sont nombreuses et les acteurs se multiplient. Des chercheurs universitaires français étudient actuellement à Nantes et à Lyon la possibilité d’utiliser les courants d’air pour générer de l’électricité à bon rendement.

Un projet français

L’idée a germé dans deux laboratoires nantais, IETR et GeM, qui évaluent en partenariat avec le laboratoire de Génie Électrique et Ferroélectrique (LGEF, INSA) de Lyon, la faisabilité de cette méthode nouvelle de production d’énergie. Le principe à l’étude repose sur l’utilisation de micro-générateurs produits avec des couches minces (piézoélectrique) qui ont la faculté de transformer de l’énergie mécanique en énergie électrique exploitable. Très sensibles, ils ont aussi l’avantage d’avoir un faible coût de production et une exploitation facile. Pour Raynald Séveno de l’IETR – Institut d’Électronique et Télécommunication de Rennes – « ces matériaux présentent les caractéristiques idéales » pour mener à bien cette expérimentation.

Interdisciplinaire, le projet rassemble le laboratoire IETR de Nantes, spécialiste de la synthèse des couches minces à utilisation électronique, et le laboratoire GeM expert de la mécanique. Il comporte aussi une dimension pédagogique puisque les étudiants des Master 2 Énergies Nouvelles et Renouvelables et Master 1 Physique pourront participer via des travaux pratiques. Les rôles sont aussi bien déterminés et le partage des compétences est effectif : « Pendant toute la durée du projet, l’IETR étudiera la possibilité de récupération de l’énergie par des matériaux souples à très haut rendement alors que le GeM travaillera plus sur l’intégration mécanique des micro-générateurs dans des structures gonflables comme des toitures textiles. » explique Raynaud Séveno.

De la recherche à la mise en place industrielle

Pour Jean-Christophe Thomas, chercheur au GeM, « l’un des enjeux est d’optimiser la géométrie et les matériaux utilisés pour améliorer les rendements énergétiques ». Un premier prototype devra être produit. Ce micro-générateur aéro-électrique servira à démontrer la faisabilité d’un tel procédé d’utilisation de l’air comme vecteur d’énergie. Sous la forme de films flexibles sensibles, « Il devra à la fois avoir une surface assez grande pour avoir une bonne prise au vent, mais aussi une épaisseur très fine, quelques micromètres d’épaisseur, pour une flexibilité accrue » selon le chercheur de l’IETR Benoit Guiffard.

À l’heure de la transition énergétique, ce pari scientifique pourrait prendre une place importante. L’objectif est d’optimiser le rendement du procédé et trouver des méthodes d’utilisation efficaces et économiques pour permettre une industrialisation rentable. En cas de succès technique, nous pourrions voir apparaitre ces micro-générateurs d’un nouveau genre là où les courants d’air circulent, comme dans une station de métro par exemple. La fin du programme est prévue pour 2018, dans quatre ans.

Une nouvelle énergie renouvelable efficace et rentable est en développement. Reste à savoir si le défi sera couronné de succès.

 

Source : Université de Nantes